En quelques mots...

Ces pages retracent l'historique de Bernard Ginelli.
La passion de la préhistoire lui vient très tôt et on peut dire qu'à l'instar d'un personnage célèbre: "il est tombé dedans étant petit".
La curiosité, les expérimentations et les rencontres aidant, Bernard deviendra au fil des années l'un des meilleurs tailleurs de silex au monde et formera toute une génération de professionnels ainsi qu'un grand nombre d'amateurs.
Bien que totalement autodidacte, il joue depuis 20 ans un rôle certain dans la médiation culturelle et travaille étroitement avec plusieurs équipes scientifiques.
Les origines d'une passion

Bernard Ginelli est né le 11 décembre 1947 à Tamniès (24) et a grandi sur une petite ferme agricole. La découverte de l'archéologie s'est produite grâce à la présence d'outils en silex dans les champs de la ferme.
C'est au cours de nombreuses escapades au musée de Castel Merle, à Sergeac, que
René Castanet, propriétaire du musée et ami de ses parents, lui confie régulièrement les clefs et lui communique sa passion pour l'Homme préhistorique tout en lui faisant comprendre que, derrière l'outil, se cache un cerveau...
Bernard entame alors une longue recherche de pièces taillées, remontées à la surface des champs, ce qui lui permettra de constituer une collection importante nécessitant une solide approche typologique.
C'est entre 25 et 30 ans qu'il effectue des tentatives ponctuelles de débitage puis crée, avec un groupe d'amis, un musée d'initiation à la préhistoire à Tamniès.
La première véritable expérience de taille du silex a lieu lors de la création d'une vitrine explicative des méthodes de taille et des différents modes opératoires pour le musée.
Le musée de Tamniès

Le musée est inauguré en 1974 par le Professeur
François Bordes qui, surpris de la qualité des réalisations, invite Bernard pour une initiation privée. Cette rencontre lui donne alors le souci de la précision et la recherche de la perfection.
De cette rencontre naîtra une nouvelle fascination mais cette fois pour la matière: le silex. Plus dur que l'acier, terriblement capricieux et dont le tranchant de lame égale celui des meilleurs aciers !
Suite à l'ouverture du musée, les demandes de démonstrations de taille se font de plus en plus fréquentes. Viennent alors les premières animations en soirées pour différents organismes. Simplement pour le plaisir de partager, de faire connaître et de démontrer l'intelligence de l'Homme Préhistorique...
Bernard développera son art de la taille au contact de groupes américains venus effectuer des fouilles sur l'Abri Pataud aux Eyzies. La qualité de son travail est alors reconnue par ces archéologues: la réputation de Bernard franchit alors l'Atlantique.
1988 Un tournant décisif

C'est en 1988 que la décision est prise de stopper l'activité agricole pour se consacrer à plein temps à la taille du silex. Un premier essai entre juillet et octobre dans un parc préhistorique permet d'affiner encore les techniques de taille par la pratique quotidienne.
Dans un premier temps les visiteurs sont étonnés, puis conquis.
Il va devenir nécessaire de créer un produit permettant de vivre matériellement tout en continuant de progresser. L'idée du couteau à lame de silex et manche en bois de cerf est née...
La découverte du couteau de Catal-Huyuck (Turquie -8000 ans) puis de celui de Gebel-el-Arak (Egypte -3500 ans, exposé au Louvres) le conforte dans son choix et ces derniers lui servent de modèle dans sa recherche de la perfection.
En mars 1989, la rencontre avec un journaliste de "Connaissance de la chasse" et la parution d'un article dans ce magazine lui permettent de recevoir ses premières commandes, notamment de la Coutellerie Kindal (Paris).
La réputation de Bernard Ginelli dépasse les frontières du monde de la Préhistoire.
En 1990 Bernard ouvre un atelier de taille de silex aux Eyzies: PALAIOS. Dans le même temps, sa réputation de tailleur expert s'établit de plus en plus, ce qui induit la nécessité de progresser encore et encore.
PALAIOS: L'atelier des Eyzies

Dans son atelier, Bernard se consacre presque exclusivement à la fabrication de couteaux. La plupart des archéologues français et étrangers visitent l'atelier et apportent à Bernard de judicieux conseils ainsi que les connaissances qui lui feraient encore défaut.
Quelques rencontres marquantes:
André Morala, chercheur au musée National de la Préhistoire aux Eyzies
Patrick Bidart, archéologue, techniquement pointilleux
Le professeur Laurence Bourguignon
Paul Boutier de l'Université de Montpellier
Roland Nespoulet, archéologue à l'abri Pataud.
Régulièrement, Bernard effectue des démonstrations de taille commentées, pour le grand public d'une part, mais également pour le milieu de la recherche scientifique. Il intervient notamment au Musée de Solutré ainsi qu'à l'Université de Neuchâtel.
Eternel instatisfait, il se fixe des objectifs à atteindre pour la maîtrise de la taille du silex:
Les lames de poignards type Néolithique Final, débitées sur nucléus "Livre de Beurre".
Les feuilles de lauriers solutréennes, exercice périlleux et de haute technicité.
Les lames de couteaux du pré dynastique Égyptien.
Les dagues scandinaves de type III et IV et leurs fameuses "coutures", stade extrême des possibilités techniques.
Il atteint ses objectifs en 1998, mais les résultats restent éternellement perfectibles.
Retour aux sources
Fermé en 2000 puis ré-ouvert le 1er Avril 2008, PALAIOS accueille à nouveau curieux et passionnés au paradis de la préhistoire : les Eyzies de Tayac, haut-lieu du tourisme en Périgord noir (45 avenue de la Préhistoire, ça ne s'invente pas, face à l'abri Pataud).
Les démonstrations de taille y sont permanentes, et Bernard, toujours enclin à partager sa passion répond à toutes les questions sur les chaînes opératoires de fabrication des différents outils.
Couteaux, bifaces, haches néolithiques, arcs et flèches de type primitif, propulseurs et sagaies, tout ce que l'homme préhistorique a pu inventer pour faciliter son quotidien y sont également disponibles.
Bernard continue de créer de magnifiques pièces et s'intéresse à présent à la beauté des manches de couteaux au travers de sculptures d'inspiration préhistorique (Vénus de Brassempouy, Bisons de Niaux, reptile, cheval, visage humain...

Grand amateur de tir préhistorique de la première heure, Bernard est également le vice champion d'Europe de tir au propulseur 2004, champion d'Europe 2005.
Il signe la seconde place en 2006 et entre également dans le top 10 mondial de l'ISAC (International Standards Accuracy Championship - Championnats du monde de tir de précision)