Les kits pédagogiques sont un ensemble des outils les plus courants au Paléolithique Moyen et Supérieur.
Burins
Les burins sont des outils sur lame de silex présentant un pan, qui permet de raboter, voire de rainurer les matières tendres (bois animal ou végétal).
Le pan, qui constitue la partie active de l'outil, est obtenu grâce à une technique particulière nommée "coup du burin" qui détache un des bords de la lame (l'éclat est nommé "chute de burin") afin d'y créer des angles voisins de 90°
Cet angle droit qui gagne en robustesse ce qu'il perd en tranchant est d'une remarquable efficacité pour sculpter un bois de renne, graver une paroi rocheuse, redresser le fût d'une sagaie ou les bras d'un arc néolithique.
Selon leur forme ou leur chaine opératoire, les burins prennent différents noms, tels que:
• Burin sur troncature • Burin dièdre (ou bec de flûte, photo de gauche) • Burin bec de perroquet (ici à droite) • Burin de Noailles • Burin busqué
Percoirs
De forme assez variable, puisqu'ils peuvent etre façonnés sur lame ou sur éclat, les perçoirs présentent une
, parfois plusieurs, pointes aigues, permettant de... percer les matières tendres (cuir, bois animaux, végataux).
La pointe est généralement dégagée par des retouches en demi-lune de part et d'autre de celle-ci, tout comme serait dégagé le pédoncule d'une pointe de flèche. Ces retouches effectuées au percuteur dur, sur enclume, rendent l'opération hasardeuse et les casses sont fréquentes.
Les perçoirs peuvent servir à forer le cuir avant le passage d'une aiguille, à forer le chas de cette même aiguille, pour peu qu'ils soient suffisamment fins (et par conséquent fragiles).
Les traces d'utilisation révèlent une action rotative alternée (l'outil, sans doute tenu à la main, faisant un demi-tour dans chaque sens).
Des outils similaires existent, mais fabriqués en os, ils prennent le nom de poinçon.
Grattoirs
Les grattoirs sont des outils qui présentent, souvent à l'extrémité d'une lame, une retouche abrupte ou semi-abrupte (dont l'angle oscille entre 60 et 90°), visant à renforcer le tranchant en l'épaississant.
De part leur forme, et leur utilisation probable, ils rappellent les lames de nos rabots à main modernes, à cette différence près qu'ils peuvent être utilisés en traction ou en poussés (on parle de coupe positive ou négative).
Le robuste front des grattoirs peut être utilisé sur les peaux (tel un racloir) ou sur les matières végétales, un peu comme on utiliserait une gouge ou un ciseau à bois.
Très faciles à fabriquer grâce à une retouche continue au percuteur tendre, depuis la face inférieure de la lame sur une des extrémités de celle-ci, ces outils peuvent être utilisés à la main ou être emmanchés, tels que les modèles ethnographiques actuels.
Grattoirs
Solides outils sur éclat, les racloirs possèdent un ou plusieurs bords retouchés afin de les renforcer tout en supprimant le tranchant. Leur partie active est idéale pour râcler la partie interne des peaux afin d'en retirer toute trace de chair, avant le tannage.
Contrairement à une idée répandue, un bord émoussé est bien plus utilisable qu'un bord tranchant, lequel transpercerait, en la coupant, toute peau fraîche.
Le bord doit
être le plus régulier possible et ne pas comporter d'aspérités, de creux ou de pointes, afin de râcler sur toute sa longueur avec une efficacité maximale.
Faciles et rapides
à fabriquer ces outils sont sans nul doute le premier jamais utilisé par les grands couturiers de l'époque !
Ci-contre, vue inférieure d'un racloir double convergent (le talon de l'éclat, et son point de percussion sont situés sur le méplat gauche).
Couteau a dos
Le tranchant de toute lame ou
de tout éclat fraîchement débité est
amplement suffisant pour tous les travaux de découpe, boucherie ou autre.
La lame, du fait de sa faible épaisseur, est très avantageuse, malheureusement, celle-ci possède 2 tranchants et quiconque a essayé d'en saisir une à pleine main pour des travaux en force
aura sans doute
eu besoin d'un pansement par la suite !
Le couteau à dos est une lame dont un des tranchants a été volontairement violement émoussé
par une retouche dite "abrupte"
(dont l'angle est quasi droit).
Ainsi neutralisée, cette lame devient utilisable sans danger: Sa base peut être tenue entre pouce, majeur et annulaire, tandis que l'index peut se poser sur le bord emoussé, afin de travailler en précision et de guider la découpe... un cutter de sécurité, en quelque sorte ! Il est également possible d'emmancher la partie retouchée dans un manche en bois rainuré, un goudron servant de colle, pour obtenir un couteau néolithique
Facile à créer pour le tailleur averti, cet outil nécessite l'obtention de lames droites et régulières, ce qui n'est pas toujours aisé à obtenir.